Le Drac et ses digues : le risque inondation par rupture de digues

Un peu de géographie et d’histoire

Le Drac est un torrent de 150 km, qui prend sa source à Orcières-Merlette (05). Pendant longtemps, il se propageait dans toute la plaine. L’endiguement a débuté dans les années 1600, puis a été complété au 18e (Canal Jourdan), au 19e et s'est terminé dans les années 1950.  La digue du Drac aval, implantée en rive gauche du lit du Drac, est située sur les territoires de Seyssins, Seyssinet-Pariset et Fontaine. Le Drac a ainsi été canalisé et l'approche de gestion et de prévention s'est essentiellement axée sur la construction d'ouvrages de protection.  La digue est constituée de remblais en terre, la géométrie de l’ouvrage en termes de largeur de crête, pente des talus, profil en travers est sensiblement similaire sur l’ensemble de l’ouvrage.

Le contexte

La tempête Xynthia, survenue en 2010, a été l’une des plus meurtrières en France depuis plusieurs décennies (53 victimes).
Depuis cette catastrophe, une nouvelle règlementation de PPRI est prise en compte pour les rivières concernées par des systèmes d’endiguement, comme le Drac. La rupture de digue identifiée par l'Etat provoquerait une inondation plus violente que sur une inondation de plaine, pour laquelle l'eau monte plus doucement. Ici, la vitesse de l'eau serait rapide et pourrait couvrir le territoire en une trentaine de minutes, avec des hauteurs d'eau importantes.

Le Drac et ses digues, quels états ?

C’est dans le cadre d’une approche de prévention, afin d'initier une culture du risque que l’on doit se poser la question du risque de rupture de digue. Aujourd’hui, nous avons des caractéristiques d’endiguement de qualité. Dans la doctrine d’Etat, le risque de rupture d’endiguement est envisagé, même quand les digues sont très  solides. Les digues qui protègent Seyssinet-Pariset sont suivies par l'association départementale Isère Drac Romanche. Grâce à leur expertise et les travaux dont elles ont fait l'objet, on peut aujourd'hui attester de leur bon état.
Tous les nouveaux plans de prévention des risques inondations (PPRI) qui sont actuellement décidés par l’Etat dans les grandes agglomérations qui possèdent des sythèmes d'endiguement, Toulouse, Bordeaux, Orléans, … sont confrontés à  a même problématique, avec ce risque spécifique de rupture d’endiguement très particulier.
 

Où sont les ruptures d’endiguement ?

Les études, menées dans le cadre du PPRI Drac, ont permis d'analyser, sur la base de critères, les secteurs pour lesquels la probabilité de rupture, même faible n'était pas écartable. Sur ces secteurs ont été modélisés des brèches pour caractériser l'aléa d'inondations par rupture de digue.
Quelles sont les zones de dangers spécifiques qui vont générer le plus de risque ?
• L'arrière des digues, c'est-à-dire aux droits des ruptures,
• Les rues, qui jouent les rôles de canaux,
• Les zones de cuvettes, difficilement identifiables, où l’eau peut s’accumuler et devenir des endroits pièges. Car même si le territoire semble plat, il est bel et bien en pente dans la direction de Fontaine.

Le plan de prévention des risques inondations (PPRI)

La ville de Seyssinet-Pariset va être dotée d’un Plan de prévention des risques pour la rivière Drac, sous maîtrise d’ouvrage de l’Etat, suite à une phase d’étude, qui a permis de caractériser l’aléa, de définir les enjeux et de proposer une règlementation. En terme d’aléa, le scénario envisagé est celui d’une crue centennale sur le Drac, sans débordement, mais par rupture de digue. La règlementation sera différente selon chaque secteur de la ville. Ces règles vont conditionner le développement de la ville, du point de vue de l’urbanisme et du droit des sols où la construction pourra s’opérer, sous prescriptions. Dans les secteurs identifiés comme les plus dangereux, les constructions seront interdites.

Le Plan communal de sauvegarde

Pour la commune, la sauvegarde et la sécurisation des populations sont bien évidemment prioritaires. Le Plan communal de sauvegarde va être complété d’un volet inondation pour justement prendre en compte ce type de risque très particulier. Des dispositifs de surveillance et de
pré-alerte seront prévus. Par ailleurs des consignes vont être rédigées. Notamment il s’agira de donner des consignes de "verticalisation", c’est-à-dire de faire monter les gens dans les étages ou dans des bâtiments qui seront en capacité de les recevoir.

Peut-on réduire le risque ? Oui…

Cela fait l’objet d’un plan d’actions cofinancé  par l’Etat avec les collectivités qui sera mis en place dès l’année prochaine pour améliorer la prévention et réduire le risque à la source. Pour réduire le niveau de risque général, un PAPI (plan d’action et de prévention des inondations) permettra d’intervenir par curage sur l’entretien du lit du Drac (qui présente des îlots et des arbres) et sur le renforcement des digues. Le PAPI proposera aussi des mesures pour réduire la vulnérabilité du bâti et de l’urbanisme, pour gérer la crise et l’alerte. Après ces travaux lourds menés sur plusieurs années, une révision des cartes et des règlements d'urbanisme pourra être établie.

La culture du risque

Le risque inondation par rupture de digue est un évènement majeur, auquel il faut se préparer. Mais cela ne veut pas dire que cela arrivera. En effet, depuis que ces endiguements existent, depuis l’époque de Lesdiguières, le Drac n’a ni débordé, ni connu de rupture d’endiguement majeure. Au pire, parce que le risque zéro  n’existe pas, se préparer, c'est l'anticiper pour assurer la sécurité des personnes, réduire l'endommagement sur les biens et permettre au territoire un retour à la normale le plus rapidement possible sur le plan socio-économique.
 
 

Des définitions pour mieux comprendre
Le PPRI : plan de prévention des risques inondations
Le PAPI : plan d’actions et de prévention des inondations
La définition d’un risque, c’est le croisement entre un aléa et des enjeux vulnérables.

Des éléments pour prendre conscience du danger
• Pour le Drac, au moment de l’alerte, nous aurons un temps d’alerte de 4 à 7 heures contrairement à l’Isère où il sera de plus de 12h.
• Une brèche inonde le territoire en ½ heure et se propage d’une commune à l’autre en 1h, 1h1/2
• Le PPRI Drac a modélisé 19 brèches potentielles dont 9 en rive gauche.

 

Plus d’infos :  Quand le Préfet aura notifié le porté à connaissance, nous vous informerons plus précisement.